Entretien avec Alain Cassoura, médecin ostéopathe, enseignant et accompagnant
Après vous avoir précédemment parlé du cranio-sacré et des rêves éveillés, j'ai le plaisir de vous présenter la personne qui dispense cette formation et dont j'apprécie beaucoup l'enseignement.

– Bonjour Alain ! Tu es médecin, tu es ostéopathe. Tu dispenses des formations très variées et principalement centrées sur la relation entre le corps, l'esprit, l'émotionnel et le spirituel et enfin tu écris des livres et bien sûr tu pratiques activement en tant qu’ostéopathe.. Qu'est-ce qui t'a amené à transmettre ton savoir et tes pratiques ? De quelle volonté part cet élan ?
– Pour commencer, j'ai toujours aimé partager. J'ai beaucoup apprécié mes maîtres, j'ai beaucoup reçu d’eux, dans la joie, dans une véritable relation avec eux. J'ai eu envie de partager mon chemin, naïvement peut-être avec l'idée que les choses que j’avais à dire pourraient intéresser.
Ce qui m'a mis le pied à l'étrier pour le travail que tu es en train de suivre, c’est un patient que j’ai suivi pendant six ans. De cette expérience j’ai écrit un livre, La Fureur de guérir. J'avais enseigné l'ostéopathie, on va dire classique, pendant longtemps. On était venu me chercher, quelqu'un m'a demandé d'enseigner à la fac et ensuite dans une autre structure… Ce qui m'a poussé à partager mon expérience autour de l'énergie, de l'émotion et de la pensée, c'est la rencontre avec ce patient, qui a été très initiatique. Ça m'a beaucoup appris et j’ai réalisé que j’étais armé, après tout ce que j'avais traversé. Ça a changé ma pratique en cabinet, ça a concrétisé un grand changement qui m’a conduit à guider d’autres personnes dans la rencontre entre le corps, l'énergie, l'émotion et la pensée.
– Quand tu étudies la médecine et ensuite l’ostéopathie, tu ne t'imagines pas du tout transmettre quoi que ce soit ? Est-ce qu’il y a déjà une petite graine ?
– J'avais beaucoup à apprendre donc avant de transmettre, il faut commencer par apprendre ! J'ai toujours aimé partager, être en relation avec les autres, mais je n'avais pas cette intention, je n’imaginais même pas enseigner un jour dans ce domaine (NDLR : Alain enseigne à l’Université Sorbonne Paris Nord) parce que j'étais vraiment très scolaire ; ça peut surprendre mais j'étais un bon élève ! J'étais vraiment sérieux et je me souviens du Pr Armengaud aux maladies infectieuses à l’Hôpital Purpan de Toulouse, que j'appréciais beaucoup et pour qui j'avais une grande admiration, qui m’a dit “Cassoura, tu verras, toi un jour tu enseigneras à des groupes des trucs parallèle qui n’auront rien à voir avec la médecine !” Je pense que cet homme qui était très rigoureux était aussi ouvert à plein de choses mais je n'en avais pas l'idée. Lorsqu’il m’a dit ça, je n’ai pas compris d’où ça venait, j’essayais d'être dans les rails et je me disais “mais ça sort d’où ce truc, d'où ça vient ?”
Ce qui m'a amené à l'ostéopathie, c'est la danse. J'ai voulu être danseur professionnel, j'avais 20 ans, j'étais en 3e année de médecine et je me suis lancé à fond, je dansais tous les jours. Bon, j'étais un piètre danseur mais ça m'a beaucoup appris sur le corps ; mes copains et mes copines danseuses me disaient “j'ai un problème au pied, je n'arrive pas à faire trois tours pirouettes comme avant, mais je suis allé voir l'ostéopathe et je vais mieux, je n'ai plus de problème.” Ça m'a interpellé et c'est ce qui m'a vraiment donné envie d'aller vers l'ostéopathie. Et quand j'ai commencé l'ostéopathie, j’ai laissé de côté beaucoup de choses qui ne me semblaient pas rationnelles et compatibles avec ce que la Faculté de Médecine m'avait appris. Ça a été un long chemin.
– Il y a un facteur particulier qui, lorsque tu as 20 ans, te pousse vers la danse ?
– Je pense, oui (rires). C'est d'abord une quête artistique que j'ai toujours eue en moi. Je m'étais mis à peindre, seul, mais ça n'était pas terrible... J'avais écrit, des poèmes notamment, mais ça n’était pas allé bien loin. Et puis un jour j’ai vu Béjart à Avignon et ça a été un grand choc esthétique qui m'a donné envie d'y aller, même si je n'étais pas du tout doué, même si je n'allais pas en boîte pour danser ; c'était un autre monde et malgré ça il y a eu cette aspiration artistique. Il y avait aussi le désir de rencontrer la femme, à travers la danse, j'avais envie de rencontrer le féminin.
– C'est plutôt original ce choix ! J'associe la médecine, les médecins, à des gens plutôt rationnels qui ont des contraintes très précises sur ce qui est accepté ou non dans la pratique et même dans la connaissance médicale. Le travail du médecin est analytique, rationnel, il engrange une quantité incroyable de connaissances dans son esprit et puis la pratique de ce métier conduit à une sorte d’abnégation, on oublie parfois sa propre santé… L'étude de la médecine en elle-même, c'est une période de renoncement à beaucoup de choses, c'est étonnant d'avoir chez toi, au même moment, cette éclosion vers tout autre chose !
– Oui, et je pense qu’il y avait beaucoup de frustration en moi, et beaucoup de désirs. Notamment de faire exploser le cadre ! (rires) Ce que tu dis est très vrai, j'ai eu la chance d'être là au bon moment. Dans les années 80, en médecine, il y avait quand même une ouverture aux médecines différentes, la psychanalyse avait sa place, l'acupuncture avait sa place, l’ostéopathie était en train d'être reconnue et admise alors qu'aujourd'hui, il y a tout un chemin inverse qui se produit. Aujourd'hui, la médecine fait le choix assez drastique d'exclure toutes les pratiques qui ne reposent pas sur l’evidence-based medicine, ce qui rétrécit beaucoup son champ. En ce moment, je me remets à étudier la médecine à nouveau et je suis très surpris de voir son évolution ! Dans les années 70-80, il y avait la possibilité de s’ouvrir à autre chose, d’aller vers l’extérieur et j'ai eu beaucoup de chance de l’avoir vécu. Le retour en arrière auquel on assiste aujourd’hui n’est pas pour le bien de la médecine et des patients, parce que la médecine ne peut pas être qu’une science, il y a aussi dans la médecine une dimension philosophique ; l'humain n'est pas qu'une machine, l’humain représente d'autres dimensions qui sont plus difficilement mesurables et puis dans la médecine il y a aussi une part d'art. On retrouve ces trois éléments dans la définition de l'ostéopathie puisque A. T. Still disait “L'ostéopathie c'est une science, un art et une philosophie.” Or, les ostéopathes aujourd'hui ne veulent plus de cette définition, ils voudraient que l'ostéopathie ne soit plus qu'une science…
– Quand tu parles de l'art de la médecine, c'est l'art de l'accompagnement ? Du binôme patient et soignant ?
– Au bout d'un certain temps, la pratique amène une autre dimension. Sinon, soyons traités par des ordinateurs, dans lesquels il y aura un facteur de risque et d'erreur moins important et une réponse plus standardisée. Si on veut avoir en face de soi des médecins ou des thérapeutes, c'est quand même parce qu’on estime qu'il y a une autre dimension qui peut être apportée.
Tout ce qui n'est pas science aujourd'hui, malheureusement, se retrouve qualifié de dérive sectaire ce qui est très inquiétant. La psychanalyse, l'ostéopathie, l'acupuncture, la méditation, sont qualifiées de dérives sectaires. Je ne milite pas contre la science, je suis pour la science, pour la médecine d'aujourd'hui, mais je suis aussi pour qu'on accepte autre chose.
– Est-ce qu'il y a un facteur particulier qui déclenche cette envie de transmettre ? Et par quoi a démarré cette transmission ?
– J'ai commencé par transmettre l'ostéopathie structurelle donc l'ostéopathie ostéo-articulaire et les manipulations. Comme je dansais, j'avais une conscience du corps qui était assez affûtée. J’ai voulu apporter la mise au service de la technique du corps du praticien, pour qu’il puisse être à l'écoute du corps du patient mais aussi que la gestuelle de son corps soit appropriée : mettre la main comme ci, le pied comme ça, attention au centre de gravité… Finalement, plus on sent son corps, plus on sent l’autre.
Il faut avouer que j’ai eu beaucoup de mal à sentir, ça a été un long chemin pendant ma formation et mes premières années de pratique, le mental me disait “c'est pas possible.” Ceux qui ont eu des difficultés dans l'apprentissage cherchent à décortiquer les choses pour faciliter la compréhension, et c’est ça qui m’a donné envie de transmettre, pour être meilleur pédagogue qu’apprenti.
– On a brièvement abordé corps et esprit, d'où viennent les deux autres branches de ta transmission que sont les émotions et le spirituel ?
– Les émotions et l’inconscient m'ont interpellés depuis longtemps parce qu’enfant j'avais de l'asthme, j’étais bègue. Je m'en suis sorti grâce à un psychiatre qui pratiquait la méthode Tomatis : j'ai écouté de la musique filtrée en milieu aquatique, j'étais censé revenir dans le ventre de ma mère, dans la vie intra-utérine, on m'a fait accoucher par le son, je suis passé du milieu aquatique au milieu aérien et ensuite j'ai parlé. J'avais 17 ans, je ne suis pas allé forcément chercher plus loin, mais ça m’a ouvert à une dimension autre.
Au début, mon bégaiement s'aggravait, c'était de pire en pire, mais je n'avais pas tellement le choix, c'était un gros handicap, il fallait que ça marche. Un jour, je rentre à la maison après une séance, je me suis mis à parler sur mon vélo, je ne bégayais plus. C'était assez incroyable, je me revois très bien dans cette euphorie et aussi la peur que ça reparte ! Ça a été chaotique, mais l'envol était pris et ça m’a guéri. J'avais fait l'expérience, sans le conscientiser, de la dimension émotionnelle et de l'inconscient.
J’ai poursuivi ce travail en faisant une psychanalyse et puis parfois ce sont des chocs dans le travail qui nous interpellent. Comme cette femme par exemple, j'étais un jeune ostéopathe, je venais de m'installer et une jeune femme vient me voir tout sourire… Je n'avais aucun indice, si ce n'est qu’elle devait avoir mal au dos, mais rien de particulier. À un moment donné, je me mets à l'écoute au niveau de son bassin, une main sur son ventre et là, stupeur, je suis traversé par un truc, je sens la mort. C'est un truc terrible, c’est la première fois que je ressens un truc pareil, ça vient me percuter de plein fouet et je ne sais pas quoi en faire. Je ne peux pas lui dire “Madame, je sens la mort sur votre ventre.” La consultation avance, c'est tellement présent que je ne peux pas rester silencieux non plus, alors j'essaie de prendre la formulation la plus légère possible, et je dis “Écoutez, c’est bizarre, je ne sens pas votre ventre très vivant.” Et la patiente se met à pleurer, et me raconte qu’effectivement, quelques mois auparavant, elle avait dû accoucher de son enfant qui était mort pendant la grossesse.
– C’est la première fois que tu étais confronté à un toucher aussi fulgurant ?
– Je ne me souviens pas mais celui-là m'a vraiment marqué, par l'intensité du ressenti d’abord – je ne saurais même pas dire pourquoi j'ai dit que c'était la mort que je sentais, je n’en sais rien, c’est ce qui m’est venu – et aussi le contraste entre cette personne, le soleil qu'elle représentait, et tout d'un coup quelque chose de très sombre.
La dimension émotionnelle s’est affirmée au travers du travail avec Bruno Repetto, un ostéopathe, acupuncteur, chaman et ancien lama tibétain, que j’ai suivi pendant une dizaine d'années…
– C'est de cette expérience que vient la dimension spirituelle de ton travail ?
– Oui et non, je vais te raconter deux histoires d'enfance. Avec mes parents, on est allé manger dans un petit village dans les Pyrénées, et je suis rentré dans une église et en ressortant, je dis à ma mère “Maman, j'ai vu le Saint-Esprit !” (rires) et je lui dis “Viens voir le Saint-Esprit !” et en réalité le Saint-Esprit était un enfant de chœur. J’aurais pu dire avoir vu un enfant habillé tout en blanc, mais non, cette notion du Saint-Esprit m’avait interpellé… Une autre fois, en sixième, à la sortie des funérailles d’un copain mort dans un accident tragique, j'ai eu l'impression de voir un immense soleil, une lumière énorme, alors qu’à l’extérieur de l’église il n’y avait pas de lumière particulière… Je pense qu’il y a des moments comme ça, où on peut rencontrer quelque chose de plus grand que nous, le Saint-Esprit même si ce n'est qu'un enfant de cœur, et déjà pour moi, enfant, existait cette graine de la spiritualité.
La méditation m'a toujours interpellée aussi, l'alpinisme que je pratique m’a fait considérer l'Himalaya, le Tibet, le bouddhisme tibétain. De façon concrète, il y a très peu de temps que je m'autorise à parler de spiritualité dans l’expérience guidée que je propose. Je pensais qu'en tant que praticien je n'avais pas le droit d'en parler, qu’en tant que thérapeute, je n'avais pas le droit d'en parler, parce que ça n’est pas scientifique du tout ça, et un peu prosélyte.
– Cette partie spirituelle s'inspire de ton cheminement ? Des différentes voies, théories ou enseignements auxquels tu as été confronté dans ta dans ta vie ?
– Elle s'inspire de la pratique, de ce que j'ai rencontré, pas de la théorie. Je ne suis pas un théoricien. J'ai eu des expériences particulières avec la méditation, dans le soin, autour du deuil… J’ai été très troublé parce que j'ai eu l’impression de rencontrer la mémoire de certains morts. J'ai donné des soins qui ont été très intenses, très libérateurs pour le patient, où je pourrais dire avoir eu l'impression de rencontrer l’âme. Il y a un chemin qui s'est fait et des convictions personnelles qui se sont construites au gré de ces expériences.
La question de la mort nous préoccupe tous, même si on n’en parle pas. Elle est même présente dans nos sociétés, par son absence. Le travail autour de la spiritualité est une façon de nous apaiser face à cette grande question qui est la mort. Voir la mort avec plus de sérénité, c’est aussi être plus dans la vie, parce que ce qui compte, c'est être vivant et en relation. La spiritualité laisse la place au mystère et ça c'est super.
J'ai proposé un cycle sur les métamorphoses avec la vie intra-utérine, la naissance et la mort qui sont des métamorphoses clés de nos vies. La naissance, c’est quelque chose d’incroyable, mais prendre conscience qu’avant notre naissance officielle, on a été vivant, c'est quand même une révolution ! On vivait dans un monde aquatique où on n’avait besoin de rien, puisque tous les besoins nous étaient apportés, il y avait la conscience de l'autre sûrement, la conscience de plus que soi, mais enfin on était quand même un avec sa mère. La naissance, c'est le passage d'un milieu aquatique à un milieu aérien, c'est un changement d'espace incroyable, c'est une autre relation avec la mère, le monde change. Et puis bien sûr la mort, c’est une métamorphose très importante, même s’il y a beaucoup de points d’interrogation autour. Intégrer la vie intra-utérine et la naissance nous fait voir notre vie différemment, et nous permet d’être présent au monde différemment, et même peut-être voir la mort différemment.
– Est-ce que ta pratique a beaucoup évolué avec l'intégration de ces éléments ?
– J'ai plus de compassion, une meilleure écoute, je suis plus émerveillé par la vie, parce que je la trouve encore plus incroyable que ce que j'avais imaginé. Peut-être que sur le plan technique je n’ai pas tellement évolué, le temps passant il y a certaines techniques qu’on ne fait plus… Ce qui a évolué c’est ce que je suis et ma relation aux patients a changé, ça c'est sûr ! Je pense que les patients le sentent, les inconscients se parlent. Il y a des gens qui viennent ici, ils ne savent pas consciemment ce que je fais, et pourtant dès la première consultation, ils me lâchent un truc énorme qu'ils n'ont jamais lâché à personne. Et je ne peux pas m'empêcher de penser que s'ils sont venus là, c’est qu’inconsciemment ils savaient qu’ils allaient pouvoir lâcher.
La conscience peut s'éveiller hors de la parole. C’est ce que m’ont appris les chats qui ont été accueillis à la maison par ma femme. Ils m'ont fait avancer avec les soins aussi, parce que chez certaines personnes, je sens une réticence, comme une peur, c’est instinctif, et maintenant je peux le verbaliser et tout d’un coup le patient est rassuré, il se sent compris. Ça permet à beaucoup de choses de lâcher.
Pour que le soin devienne efficace, il doit être la rencontre du senti physique traversé par le patient, de la dimension émotionnelle – le ressenti – et de la représentation mentale. Une fois ces trois éléments rassemblés, on peut faire bouger la conscience et transformer les choses.
– Tes accompagnements s'adressent principalement aux soignants. Il y a une raison particulière à ça ?
– Historiquement, j'ai commencé à enseigner l'ostéopathie à des médecins qui voulaient apprendre l'ostéo ou à des médecins ostéopathes qui voulaient se perfectionner. Et puis j'ai élargi ça à des ostéos, et à toute personne pratiquant le soin sur le corps à travers le corps. Je suis un électron libre, je ne suis dans aucune école, aucune structure…
J’ai réalisé que le cursus “L'énergie, l'émotion, la pensée” était un formidable champ thérapeutique, une opportunité incroyable pour celles et ceux qui le suivaient, et je l’ai ouvert aux personnes motivées. C'est un peu particulier de dire ça, parce que d’abord c'est un gros investissement en temps, en argent, et en engagement personnel parce que c'est un travail sur soi difficile, qui remue beaucoup, qui va chercher dans les profondeurs de l'être. Les participants qui vont jusqu’au bout me disent que ça a changé leur vie. Mais concrètement je me retrouve à arrêter le cursus car je n’ai plus assez de monde. Il y a beaucoup d'ambivalence aujourd'hui. Depuis le COVID, j’observe plus de réticences à s'engager dans la durée, en présentiel…
– On parlait tout à l'heure de l’ouverture thérapeutique à laquelle on assiste aujourd'hui, il y a de plus en plus de personnes qui s'orientent vers des parcours thérapeutiques variés, bien au-delà de la voie académique ; est-ce que c’est un changement que tu observes également ?
– Je trouve dommage que la médecine coupe les ponts avec d'autres d'autres pratiques, surtout que la médecine est malade, le corps médical est malade, l'accès aux soins est compliqué. Je comprends que les individus aient envie de se faire soigner ailleurs et autrement. C'est ça la réalité ; les médecins et l’Ordre des Médecins et l'Académie de Médecine devraient voir tout ça et réaliser que ce sont des besoins qui ne sont pas remplis. Comment arriver à pouvoir accompagner les individus au travers de ces besoins-là ? De toute façon, il n’y a pas assez de médecins pour faire de la médecine conventionnelle.
On est tous patients à un moment de notre vie, alors attention aux positions radicales ! Quand je vois l'acupuncture être radicalement refusée, je me méfie. Quand je vois la médecine être radicalement refusée, je me méfie aussi. Il faut faire attention parce qu’on a besoin de la médecine, de la chance de guérir d'un cancer, d’une maladie auto-immune, d'une pathologie grave… Il faut un dialogue et une base pour ce dialogue entre les différentes spécialités, et je pense que les médecins devraient ouvrir ce dialogue là, car ce n'est pas en jetant l'anathème sur les autres pratiques que les choses avancent.
– Dernière question avant de terminer : tu disais avoir beaucoup reçu de tes maîtres qui t’avaient procuré beaucoup de joie ; qui sont-ils ?
– Dans mon apprentissage de l’ostéopathie, c'est l’objet de mon premier livre “L'énergie, l'émotion, la pensée, au bout des doigts” où je rends hommage à ces quatre personnes : José Puren, ostéopathe non médecin qui m'a enseigné toutes les bases de l'ostéopathie et qui est malheureusement décédé il y a quelques années, Pierre Tricot qui m'a beaucoup apporté en osant parler des difficultés avec le sentir et en donnant des moyens pour essayer de construire un référentiel et ça, ça a été un grand soulagement pour moi, Alain Roques, un copain médecin ostéopathe qui fait beaucoup de crânien et qui a un parcours très particulier – on enseignait ensemble l'ostéopathie et je voyais bien qu’il était à des années-lumières de moi, à tous les niveaux, et enfin Bruno Repetto qui avait une stature et une personnalité très particulières, que j'ai aimé comme un fou, et avec lui j'étais bien. C'est ça qui se passe avec les maîtres, on est bien. Et puis un jour, il y a eu la cassure, c'est un moment important, c'est une métamorphose, encore une !
– Merci Alain de t’être livré ainsi, c’était une discussion très riche !
Retrouvez les livres, le parcours et les différents accompagnements proposés par Alain sur son site internet ou sa chaine Youtube.

